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« Impossible d’aller plus loin, au revoir, autant aujourd’hui que demain ! »

Abbé Damus de Wierde

 

En raison de la résistance des forts de la position fortifiée de Namur, les Allemands vont se venger sur la population des villages avoisinants. C’est le cas à Wierde, proche du fort d’Andoy, où plusieurs hommes vont être retenus prisonniers et menacés de mort tant que le fort résistera. L’abbé Damus de Wierde se rappelle : « (…) Un groupe de Wierde même eut plus encore à souffrir dans le nuit du 23 au 24 août ; c’est lui qui paya particulièrement la résistance du fort d’Andoy. Alexandre Hankart, qui fut fusillé en cette circonstance, semble avoir été arrêté le premier, avec son voisin Auguste Burguet (…). Ils furent rejoints par six concitoyens : Auguste Guillaume, Auguste, Camille et Léon Dachet, Dieudonné Lamy et Victor Damus. Aussitôt commença pour eux un vrai calvaire. (…) Ils passèrent dans la cour, on les mit en cercle, les soldats formèrent autour d’eux un autre cercle, chaque soldat tenant un civil au bout de son fusil, prêt à le tuer. Ce furent des angoisses mortelles ! À 9 heures du soir, les huit civils de Wierde furent emmenés, séparés en groupes de deux et accompagnèrent divers corps de troupes dans la direction de Mozet et des forts. Toute la nuit, ils marchèrent, perdus dans les rangs des soldats. On ne saurait décrire les tortures physiques et morales qu’ils endurèrent, privés de toute nourriture. (…) Après de longues heures de marche, le malheureux (Alexandre Hankart), exténué, se traînait à peine ; n’en pouvant plus, il serra la main à son compagnon et lui dit : « Impossible d’aller plus loin, au revoir, autant aujourd’hui que demain ! ». En s’écartant des rangs, il essaya de courir. Il suffisait à un soldat de le rejoindre ; mais, c’était une si belle occasion d’user de leurs armes ! Un officier lui cria d’arrêter et, comme il continuait sa course, il tira le premier, deux soldats tirèrent ensuite. (…). Après cette nuit terrible, les prisonniers regagnèrent leur prison. Ils ne furent libérés que le lundi, après la reddition du fort ». 

(Témoignage recueilli par le Chanoine Schmitz et Dom N. Nieuwland dans le cadre de leur collection de Documents pour servir à l'histoire de l'invasion allemande dans les provinces de Namur et de Luxembourg)

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