Skip to content
Il se souvient de la pendaison d'un de ses paroissiens, Jules Henry, innocent...

Abbé Doneux de Groynne

 

Les massacres perpétrés par les troupes allemandes sur leur passage dans la province de Namur sont souvent rapportés par les curés de paroisse à qui l’on a raconté le tragique souvenir ou qui ont été eux-mêmes témoins oculaires de la scène. C’est le cas de l’abbé Doneux, de Groynne qui relate la fin tragique d’un de ses paroissiens, Jules Henry : « (…) Tandis que j’étais enfermé à l’église avec mes paroissiens, vers 9h du soir, un sous-officier entre et me dit : « M. le curé, un homme a tiré sur nos soldats. Il a été condamné à mort, il va être exécuté. Si vous voulez venir lui parler, vous êtes libre ». Sur ma réponse affirmative, le sous-officier me conduit sur le chemin en face de l’entrée de l’église et je vois là, entouré d’une bande de forcenés, un pauvre malheureux d’une cinquantaine d’années, tête nue, en sabots, un bras en sang et en lambeaux. À ma demande, il me dit être Jules Henry de Libois : « Je n’ai absolument rien fait (…). J’étais dans mon jardin, les Allemands ont tiré sur moi, m’ont blessé et m’ont traîné brutalement jusqu’ici. À Coutisse, j’ai comparu devant un groupe d’officiers qui m’ont condamné à mort, malgré l’affirmation de mon innocence ». Convaincu par l’accent de sincérité du condamné, de son innocence, je fais une démarche en sa faveur auprès d’un officier (…) : « M. le curé, il a été jugé régulièrement par le tribunal de Coutisse, il va être exécuté, dépêchez-vous ! ». Henry pleurait à chaudes larmes. Je lui dis combien je suis navré de ne pouvoir le

(Témoignage recueilli par le Chanoine Schmitz et Dom N. Nieuwland dans le cadre de leur collection de Documents pour servir à l'histoire de l'invasion allemande dans les provinces de Namur et de Luxembourg)

 

© 2011-2018 Ambiances asbl - Crédits - Bibliographie - Contact - f / t / g+