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"L’officier dirigea sur eux le tir du peloton d’exécution : Jules Bouchat et Edouard Pairon tombèrent raide morts"

Curé Charlier de Mont-sur-Meuse

 

Le 23 août, le curé Charlier de Mont-sur-Meuse se souvient des exactions commises par les Allemands à l’égard de deux de ses paroissiens : « (…) deux mille Allemands s’abattirent sur notre paisible village, le cernant de tous les côtés ; une poignée d’hommes se trouvèrent ainsi surpris et furent capturés. Un officier supérieur en réunit huit ou neuf devant l’église et leur lut une proclamation aux termes de laquelle il allait incendier le village et fusiller les habitants, parce qu’on avait tiré sur ses soldats ; il les laissa cependant en liberté. Prix d’une légitime terreur, six de ces hommes, Jules Bouchat, père de deux enfants, son beau-frère Edouard Pairon, Joseph Baily, Nicolas Burton, Marcel et Auguste Sinzot montèrent au-delà de l’église et se concertèrent avec cinq femmes pour fuir et mettre leur vie en sûreté. Près du bois d’Hestroy, ils se heurtèrent à une sentinelle qui, apprenant qu’ils étaient de Mont, les força à rentrer au village, où ils s’abritèrent dans une cave abandonnée. Peu de temps après, un soldat muni d’une lampe électrique, les découvrit, sépara les hommes des femmes, mit celles-ci dans une maison en les menaçant de les brûler vives, et rangea les hommes sur le chemin les uns derrière les autres. Un officier se plaça devant eux, puis se retira sur le côté et les fit mettre en joue. Alors trois de ces malheureux se détachèrent de leurs camarades et voulurent fuir. L’officier dirigea sur eux le tir du peloton d’exécution : Jules Bouchat et Edouard Pairon tombèrent raide morts. Joseph Baily fut gravement atteint : une balle lui entra sous le sein fauche et sortit sous le sein droit. Les trois autres, plus morts que vifs, restèrent cloués sur place, les bras levés, suppliant qu’on leur fit grâce. La férocité de ces hommes était apaisée ; les trois survivants eurent la vie sauve, mais ils furent roués de coups et faits prisonniers. Quant au blessé, il fut transporté à l’école sur une civière. (…) ». 

(Témoignage recueilli par le Chanoine Schmitz et Dom N. Nieuwland dans le cadre de leur collection de Documents pour servir à l'histoire de l'invasion allemande dans les provinces de Namur et de Luxembourg)

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