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Moniales bénédictines de l'abbaye de Maredret

Les Soeurs de Maredret

Au lendemain de la Révolution Française et de la quasi-disparition des communautés religieuses, le renouveau monastique permettra la fondation de nombreuses abbayes, essentiellement bénédictines. C’est le cas en France de l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes et de l’abbaye voisine de Sainte-Cécile (par Mère Cécile Bruyère). En Allemagne, le renouveau monastique sera visible par la fondation de l’abbaye de Beuron. Ce sont d’ailleurs ces moines qui viendront en 1872 fonder l'abbaye de Maredsous en Belgique.

La fondation de l’abbaye de Maredsous est soutenue par deux familles ultramontaines belges, les Desclée et les Hemptinne, famille noble de Gand. Ce sont les Desclée qui donneront le terrain à la jeune abbaye et qui en financeront la construction. L'un des moines fondateurs de Maredsous sera Hildebrand (Félix) de Hemptinne, moine de l'abbaye de Beuron.

La sœur cadette d'Hildebrand de Hemptinne, Agnès, découvre très jeune sa vocation monastique. Elle rejoindra l'abbaye Sainte-Cécile de Solesmes où elle recevra toutes les informations nécessaires à la fondation d'une abbaye bénédictine féminine en Belgique, l’abbaye de Maredret. Le terrain sera donné par la famille Desclée et les bâtiments seront construits avec l'aide financière des Hemptinne.

La première pierre sera posée en 1891. Les sept premières sœurs (six en provenance de Sainte-Cécile de Solesmes, dont Sœur Cécile de Hemptinne) arriveront le 8 septembre 1893. Au départ Sœur Cécile sera la prieure de la communauté ; elle deviendra abbesse en 1900.  Dès sa fondation, la communauté vivra dans une atmosphère médiévale. Ce sera une communauté totalement cloîtrée, composée de "sœurs de chœur".

Le fonctionnement de la communauté était basé sur le modèle bénédictin traditionnel :

-   À sa tête, l'abbesse, représentante du Christ au sein de sa communauté.

-   L’abbesse était secondée par une prieure dont la fonction était essentiellement de nature spirituelle.

-   La cellérière était chargée de l'administration du temporel.

-   Les sœurs tourières s’occupaient de l'accueil des visiteurs et des fournisseurs (sans pouvoir les voir et réciproquement).

La communauté se réunissait en "chapitre" dans la salle provisoire du chapitre. La clôture monastique, murs extérieurs et intérieurs, parois et grilles étaient de rigueur à cette époque.

Les sœurs de Maredret sont particulièrement connues pour leurs enluminures gothiques. Depuis la fondation de l’abbaye, les Sœurs maîtrisent les écritures anciennes, la pose de l’or ou encore la préparation des pigments. Cet art de l’enluminure se transmet de mères en mères de cette abbaye et se perpétue jusqu’aujourd’hui avec mère Bénédicte Witz, l’abbesse actuelle de Maredret. Leur plus célèbre réalisation est sans conteste le manuscrit en 35 planches de la lettre pastorale « Patriotisme et Endurance » (Noël 1914) du Cardinal Désiré-Joseph Mercier, manuscrit calligraphié et enluminé dans la clandestinité en 1915 et 1916 (le manuscrit sera terminé et montré au Cardinal en visite à l'abbaye de Maredret le 15 août 1916). C’est en quelque sorte un acte de résistance à l’occupation allemande de la part des Sœurs que d’avoir souhaité la perpétuité de ce texte, pourtant interdit par l’occupant allemand.

L'abbaye vivait partiellement en autarcie (notamment via la ferme) mais le début de la guerre mettra très rapidement en évidence sa dépendance avec le monde extérieur (approvisionnement en nourriture, notamment en viande, pétrole, etc.).

Durant le conflit, les Sœurs se mettent rapidement au service des soldats malades et blessés en installant une ambulance dans l’atrium de l’abbaye à la demande d’un ambulancier de la Croix-Rouge. Ces 20 soldats belges et français étaient prisonniers des Allemands, seulement ces derniers ne souhaitaient « conserver dans leurs ambulances que leurs compatriotes ». Les Sœurs accompagnent religieusement les soldats dans leurs douleurs morales et physiques.

Copyright: Photos (C) archives de l'abbaye de Maredret

Les civils vont également trouver refuge dans l’abbaye :

« À Maredret la population est dans une inquiétude extrême, de tous côtés on vient s’y réfugier des villages voisins et actuellement Maredret semble peu sûr. Madame accorde volontiers à ces pauvres gens un abri dans notre monastère » (23 août 1914, Annales de l’abbaye de Maredret)

Le 24 août 1914, des troupes allemandes traversent le village de Maredret. Dans l’après-midi, éclatent de toutes parts des coups de feu. Les habitants sont expulsés de leur maison tandis que les habitations sont fouillées et pillées.

Ces femmes qui vivaient cloîtrées ne vont pas hésiter une seconde à ouvrir leurs portes aux plus démunis et même à l’ennemi… 

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