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"Un cadavre s’était affalé au-dessus de moi, trois autres se trouvaient sur mes jambes"

M. Drion, du quartier Saint-Nicolas à Dinant

Après avoir été retenu en otages dans la forge et l’écurie Bouille, le long cortège de prisonniers est amené le 23 août devant le mur Tschoffen. M. Drion, rescapé de cette ultime fusillade collective dans le Faubourg de Saint-Nicolas raconte : « (…) Nous étions rangés à trois ou quatre de profondeur, sauf à un endroit où il y en avait bien six ; il y aura là dans quelques instants un monceau de cadavres de plus d’un mètre de hauteur. Le peloton d’exécution n’étant pas assez important, l’officier fit venir d’autres soldats, qu’il disposa sur le côté, juste en face de moi. (…) Soudain on entendit un coup de sifflet, et aussitôt une décharge retentit, accompagnée d’un cri d’horreur et d’effroi, poussé par le groupe des femmes et des enfants, témoins de cette scène horrible. Tous les hommes rangés le long du mur tombèrent… Il était environ 18 heures. Un cadavre s’était affalé au-dessus de moi, trois autres se trouvaient sur mes jambes. Je fis le mort. Je n’avais pas encore une égratignure. A peine tous étaient-ils par terre, qu’une seconde salve retentit : des coups de feu venaient de nouveau d’être tirés sur nous. A ce moment, je fus atteint de deux balles par ricochet (…). Quelques instants après retentit une troisième et assez longue pétarade, de droite et de gauche mais sans salve. Puis j’entendis des pas sur toute l’étendue du groupe : c’étaient des officiers et des soldats qui faisaient le tour, d’une extrémité à l’autre, achevant les blessés ». 

(Témoignage recueilli par le Chanoine Schmitz et Dom N. Nieuwland dans le cadre de leur collection de Documents pour servir à l'histoire de l'invasion allemande dans les provinces de Namur et de Luxembourg)

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