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"J’étais donc là avec mon pauvre enfant pleurant et gémissant ; il avait une affreuse blessure au ventre"

Madame Bertrand d'Andenne

 

Dans la nuit du 20 au 21 août, à Andenne, Madame Bertrand perd son mari, tué par les Allemands, devant ses yeux ainsi que son fils qui succombera à ses blessures quelques heures plus tard: 

« À 6 heures, commence la fusillade. Nous nous réfugions dans les caves préparées en vue du bombardement du fort de Maizeret. Nous y étions avec M. Isidore Braibant et son épouse Marie Hubeaux, qui nous y avaient rejoints, quand, à 7 heures, des soldats entrent précipitamment dans la maison et fouillent partout. L’un d’eux arrive à l’entrée de la cave, véritable bandit à l’air menaçant. Mon mari va au-devant de lui, je le suis. Prise d’une véritable terreur, je me jette aux pieds du soldat et les mains jointes, lui crie que nous sommes de bonnes gens et qu’il nous dise ce qu’il lui faut. Il ne répond rien et presque aussitôt tire trois coups de revolver atteignant mon mari, notre voisin et mon fils. Les deux premiers meurent deux heures plus tard. J’étais donc là avec mon pauvre enfant pleurant et gémissant ; il avait une affreuse blessure au ventre. Ma voisine et moi décidons de sortir malgré la fusillade et nous emportons mon fils qui se traîne une centaine de mètres plus loin, à l’école des Frères de la Charité. Il y reçoit les soins empressés des Frères et d’un médecin allemand ; ce dernier ne peut contenir son indignation. Mon enfant meurt le vendredi matin dans d’atroces souffrances ». 

(Témoignage recueilli par le Chanoine Schmitz et Dom N. Nieuwland dans le cadre de leur collection de Documents pour servir à l'histoire de l'invasion allemande dans les provinces de Namur et de Luxembourg)

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