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"Nous avons alors entendu les coups de feu qui tuaient les nôtres"

Marie Gaudinne, de Leffe

Marie Gaudinne, a été témoin de la fusillade le long du mur de la « Papeterie » les 23 et 24 août de 71 hommes par les troupes allemandes. Elle se souvient : « Le dimanche, de grand matin, au bruit du canon, nous sommes tous descendus dans la cave, nous y étions neuf (…). Nous entendons bientôt les Allemands frapper à la porte à coups de crosse. En remontant pour ouvrir, je vois déjà deux panneaux de la porte, enfoncés. Un officier, revolver au poing, me demande : « Cachez-vous des Français ? – non. – Avez-vous des armes ? – non ». Ils envahissent la maison, et nous font tous sortir de la cave, après avoir consciencieusement visité toutes les places, sans rien trouver de compromettant bien entendu. (…) Nous nous trouvons bientôt dans le fond de la cour, au pied de la scierie, entre l’écurie et la maison de Jules Dessy, où nous rencontrons d’autres personnes de notre voisinage, prisonnières comme nous. Les femmes doivent demeurer en place, tandis que la plupart des hommes sont conduits sur la grande route, en face de la maison Migeotte. (…) Nous avons alors entendu les coups de feu qui tuaient les nôtres, mais sans bien nous rendre compte de ce qui se passait, les soldats se tenaient de l’autre côté de la route, tandis que les victimes étaient adossées au mur de la maison Migeotte ». Les femmes, quant à elles, furent maintenues prisonnières, les mains liées dans le dos, dans la cour de la « Papeterie ». Elles subirent les menaces de mort de la part des soldats allemands avant d’être libérées deux jours plus tard et de chercher refuge chez les Prémontrés. 

(Témoignage recueilli par le Chanoine Schmitz et Dom N. Nieuwland dans le cadre de leur collection de Documents pour servir à l'histoire de l'invasion allemande dans les provinces de Namur et de Luxembourg)

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