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"Ce n’est que huit jours plus tard qu’on retrouva le cadavre de ma fille Pauline"

Marie Robert, de Leffe

Les troupes allemandes commettent de nombreuses exactions dans les Fonds de Leffe à l’encontre de la population civile durant la journée du 23 août. Marie Robert se souvient comment en quelques heures, elle a perdu son mari, sa fille et ses deux fils aînées : « J’habite rue des Fonds de Leffe au centre des maisons dites « ouvrières ». Nous avions passé dans la cave la nuit du samedi au dimanche, en compagnie de quelques voisins. Quand les Allemands entrèrent chez nous, vers midi seulement, je m’y trouvais avec mon mari Ernest Fondaire (46 ans), ma fille Pauline (18 ans), mes deux garçons Robert et Marcel, âgés respectivement de 17 et 15 ans et mon petit Vital. J’attendais mon cinquième enfant. Entendant les soldats enfoncer la porte et tout saccager, nous sommes remontés et nous nous sommes enfouis par la porte du jardin. Nous étions à peine sortis, qu’une grêle de balles s’abattit, et des soldats se ruèrent pour nous constituer prisonniers. Mon mari et mes deux fils aînés me furent enlevés. J’appris plus tard qu’on les avait fusillés contre le mur de la « Papeterie » Ravet. (…) Comme enragés, les soldats nous bousculèrent et nous poussèrent dans le ruisseau qui coule au bout de notre jardin. J’y tombai ainsi que ma fille et mon petit Vital. Je vis alors une brute arracher la petite Marguerite Banse, âgée à peine de deux ans, des bras de son père et la jeter à l’eau. Je parvins à la sauver, au moment où elle allait se noyer. Un docteur, plus humain, nous aida à remonter la berge et je rentrai chez moi, tenant toujours dans mes bras la petite Marguerite. J’avais vu ma fille Paule entrer dans la maison, accompagnée d’un officier, et je pensais la retrouver dans la rue. Quel ne fut pas mon étonnement de ne pas l’y voir ! (…) On me rassura en me disant qu’elle était chez les Sœurs. (…) Ce n’est que huit jours plus tard qu’on retrouva le cadavre de ma fille Pauline dans la cave de notre maison, complètement incendiée. Son corps avait été carbonisé sur place ! »

(Témoignage recueilli par le Chanoine Schmitz et Dom N. Nieuwland dans le cadre de leur collection de Documents pour servir à l'histoire de l'invasion allemande dans les provinces de Namur et de Luxembourg)

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