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Evêque de Namur durant la Première guerre mondiale

Monseigneur Heylen

Monseigneur Thomas-Louis Heylen naît le 05 février 1856 de parents cultivateurs anversois. Il entre à l’Ecole des Pères Jésuites de Turnhout à l’âge de 16 ans avant d’être ordonné Frère de l’Abbaye prémontrée de Tongerloo le 11 juin 1877. Il obtient en 1883 son diplôme de Philosophie à l’Université de Rome. De retour en Belgique, il succède en 1887 comme Abbé de l’Abbaye de Tongerloo. En 1899, à l’âge de 43 ans, Mgr Heylen succède à Monseigneur Ducrolière à la tête du diocèse de Namur où il restera durant 42 années.

Le diocèse de Namur a dans sa circonscription les provinces de Namur et de Luxembourg. Ces deux provinces sont essentiellement agricoles au début du 20e siècle.

Son œuvre est centrée sur la propagation du culte eucharistique et de la diffusion de la dévotion mariale. Appelé en 1901 à la présidence des Congrès eucharistiques internationaux, il organise l’année suivante un Congrès international à Namur. En 1904, il réunit à Namur un Congrès marial et un Congrès eucharistique en 1910.

Le 04 août 1914, la guerre éclate en Belgique. Après avoir réduit à néant la Position fortifiée de Liège, les Allemands s’attaquent à celle de Namur. Le 23 août, l’armée belge sonne la retraite et quitte la ville de Namur. Le lendemain, les Allemands commettent des exactions dans toute la ville : incendies, pillages, fusillades, etc. Directement, plusieurs namurois accourent chez Mgr Heylen et le supplie de « sauver la ville ». Celui-ci se rend quelques jours plus tard auprès du commandant des troupes allemandes, le général Von Below, afin de plaider en faveur de ses fidèles. Après discussions, l’Évêque obtient du commandant allemand que ses troupes cessent le sac des maisons à condition que les habitants de Namur fassent preuve de calme et de confiance. Pendant qu’il communiquait ce message aux Namurois, Mgr Heylen est fait prisonnier à l’Hôtel de ville ainsi que son secrétaire, le chanoine Schmitz. Dans la même journée, le feu est mis à l’Hôtel de ville : Mgr Heylen et sa suite parviennent à s’échapper et à se réfugier au couvent des Sœurs de la Charité. Le lendemain, le palais de l’Évêché est envahi par les Allemands en raison de tirs qui auraient été réalisés depuis le jardin. Mgr Heylen se rend immédiatement sur place et devra y subir plusieurs fois la menace d’être fusillé. Le lendemain, l’Évêque et sa suite décident de quitter le palais par mesure de sécurité ; ils y reviendront quelques jours plus tard une fois l’atmosphère calmée.

Les occupants allemands imposent dès août 1914 à Mgr Heylen de se munir de passeports pour ses visites auprès de ses diocésains. D’autre part, de nombreux laissez-passer lui sont refusés pour ses déplacements en dehors du diocèse. Mais l’Évêque ne se décourage pas et fait preuve de ténacité pour résister à l’ennemi et conserver les droits de l’Église et de la Patrie. Concernant les atrocités commises par les Allemands, en octobre 1915, Mgr Heylen apporte une réponse claire et courageuse au Livre blanc dans lequel le gouvernement allemand justifie la conduite de ses troupes. Il continue son combat contre l’envahisseur jusqu’en 1918 dans tous les domaines qui vont concerner à la fois l’Évêché mais également le Namurois : l’interdit des Églises et la saisie des cloches, les déportations et les condamnés politiques, la question des langues et la séparation administrative, etc.

Après la guerre, soucieux de la réorganisation de son diocèse, il réunit à Namur un synode diocésain. La dernière décennie de l’épiscopat de Mgr Heylen est quelque peu assombrie par les retombées du krach de la Ligue agricole en 1930 ; le discrédit jeté sur l’abbé Gaston Cordier, animateur de celle-ci, atteint aussi l’Évêque qui l’a soutenu et qui doit maintenant porter le poids des erreurs financières de ses collaborateurs. En 1929, Monseigneur Justin Cawet devient le coadjuteur de Mgr Heylen, désigné pour lui succéder à sa mort. Il meurt en octobre 1941.

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