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Peinture / Observations et analyse

Description générale de la toile

Observations et analyse

La grande toile de 8,50 mètres de haut sur 72 mètres de large n’est pas un panorama au sens strict. Elle n’est pas destinée à être présentée dans une rotonde et n’offre donc pas une vue à 360°. Le diorama offre une vue époustouflante sur la vallée de la Meuse telle que pourrait l’admirer une spectateur situé sur la crête de la rive gauche du fleuve. Celui-ci peut observer d’un seul coup d’œil trois événements importants du mois d’août 1914 replacés dans un ordre dramatique croissant:

  • Le premier tableau saisit les travailleurs en train de récolter les moissons sur les collines généreuses du pays mosan dans les environs de Liège. L’appel à la mobilisation vient perturber les gestes ancestraux des habitants des campagnes et menacer la quiétude d’un paysage majestueux. Sur ces vues, rien ne présage de la violence et des destructions qui y seront perpétrées dans les environs de Visé ou, plus en Amont, à Andenne et à Seilles.
  • Ignorant les combats autour des forts de Liège, le regard du spectateur se dirige ensuite sur le grand virage effectué par la Meuse devant la ville de Namur. Celle-ci est la victime d’incendies violents. Dans la fumée dégagée par ceux-ci, se dressent les clochers des églises locales et le dôme de la cathédrale. Juste devant le spectateur, semblant sortir du centre de la composition, les armées belge et française entament, ensemble, une pénible retraite sous le couvert de la végétation tandis que le vieux pont de Jambes est touché par une terrible explosion.
  • Enfin, quelques pas plus loin, le spectateur remonte le cours du fleuve pour assister, impuissant, à la destruction de la cité dinantaise. Ici, le pont est entièrement enfoncé dans la Meuse. Celle-ci duplique l’image de la collégiale en flammes. Sur toute la hauteur de la toile, l’édifice ressemble à une torche géante dont les flammèches se propagent sur les autres habitations.

Enfin, deux grands panneaux complétaient, à l’origine, le diorama. Un représentant le massacre de civils à Dinan et le second, faisant référence à un événement bien éloigné de la région namuroise. Il s’agit d’une représentation de la prise du fort de Douaumont par l’armée française lors de la fin de la bataille de Verdun (octobre 1916).

Le registre général du diorama est centré sur l’alliance franco-belge face au péril allemand. Le décor mosan constitue le décor choisi par l’artiste pour cette relecture culturelle et militaire de la Grande Guerre. Seulement, il fait des choix. Il décide notamment de ne pas représenter, même au loin, les positions fortifiées de Namur et Liège alors qu’elles ont joué un rôle essentiel durant le mois d’août 1914. Les Allemands sont également volontairement absents de toutes les scènes. Comme dans les panoramas du Congo et de l’Yser, le paysage occupe la majeure partie de la composition au détriment des personnages, des animaux et des habitations. Ce diorama met en exergue les destructions causées par la guerre, et surtout les violences exercées par un ennemi invisible mais bien connu : le barbare allemand. L’incendie de Namur et surtout de Dinant offre un contraste frappant avec la beauté bucolique des travaux des champs dont la réalisation est située peu avant le déclenchement des hostilités.

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